Le pèse-vent
Suite à des questions récurrentes sur le sujet il semble indispensable de mettre un article sur cet outil que l'on fabrique soi-même facilement.Les diapasons de flûtes sont calculés avec des constantes. La constante de pression est fixée dans les tableaux au même titre que le nombre d'Ising.
Cette pression est généralement mesurée à la sortie de la réserve (là ou elle est stabilisée par les ressorts et la soupape d'échappement) bien que de nombreuses discussions sur les forums concluent que c'est dans la chambre de la flûte que devrait être prise cette pression. En effet il faut tenir compte d'une perte en ligne due aux coudes et tuyaux entre la réserve et la flûte et aussi à cause de la présence de la soupape ou de la vanne à membrane qui augmentent les résistances à l'écoulement de l'air. Mais comme il existe aussi une relation entre la pression dans la flûte et la pression dans la réserve cette pression une fois fixée doit rester constante dans la réserve sinon la fréquence de la flûte varie et l'accord ne tient plus. L'orgue joue faux et la tentation de ré-accorder avec une pression insuffisante risque de décaler petit à petit l'harmonisation. Cette pression doit être connue et notée c'est une caractéristique de l'orgue à la limite elle devrait être gravée quelque part sur l'orgue.
Dans les faits un orgue qui joue faux n'est pas toujours désaccordé mais plus souvent ses ressorts sont simplement fatigués et doivent être retendus pour retrouver sa pression initiale de service. Pour mesurer l'effet de cette force exercée par les ressorts un outil spécifique est indispensable le pèse-vent.
Son fonctionnement est simple: Un tuyau PVC transparent en forme de U est fixé sur une planche graduée et partiellement rempli d'eau (colorée quelquefois pour faciliter la lecture).
la planche est maintenue verticalement par un pied large et lourd ou avec une pince sur un montant pour éviter le renversement de l'ensemble. A l'équilibre le niveau de l'eau est identique dans les deux branches du tuyau comme dans un niveau à eau de maçon c'est le niveau 0.
On applique la pression sur l'une des branches ce qui y fait descendre le niveau de l'eau et monter dans l'autre branche jusqu'au nouvel équilibre.
La différence de niveau entre les deux ménisques de l'eau à l'intérieur du tuyau donne la pression en cm d'eau. et comme la section est constante le niveau est monté autant d'un coté qu'il est descendu de l'autre.
L'erreur la plus courante est de graduer en cm et de faire la lecture sur un coté on commet alors une erreur de moitié.
Donc les graduations à partir du 0 doivent être espacées de 5 mm pour avoir une lecture directe en Cm d'eau puisque si le niveau monte de 5mm d'un coté il est descendu aussi de 5mm de l'autre et la différence entre les deux est bien d'1 cm
Pour remplir le tuyau sans insérer des bulles qui entraînent des erreurs. Il suffit de tremper une extrémité dans l'eau et d'aspirer par l'autre jusqu'à un repère (comme avec une pipette de chimie) en maintenant l'extrémité sous l'eau puis de la boucher avec un doigt pour la sortir.
Puis en tenant cette extrémité au plus haut relâcher pour que l'eau remplisse le U. ensuite pour amener exactement au 0 il suffit de faire monter ou descendre l'une des branches en allongeant ou raccourcissant le coude du U.
Il reste à trouver une prise que l'on aura pris soin de rendre accessible et muni d'un robinet ou d'un bouchon. Personnellement j'utilise un tuyau venant d'une vanne que je débranche de la flûte de pan pour le raccorder au pèse-vent.
et après avoir obturé tous les trous de la flûte de pan avec un carton engagé sans être pris par le rouleau entraîneur, je tourne la manivelle et il ne reste plus qu'à faire une lecture de la pression.

Commentaires
lucien le 22/10/2009 à 14:35:24bonjour
genial,super sympa de faire beneficier le savoir,dans se domaine,
sans cela se serait une luxation de neurones assurer.
et toujour un plaisir de regarder le blog
merci a+